LES CAMPS DE LA MORT LENTE

 

Intervenant au Parlement le 8 juin 1948 (conseil de la République), Mr Durand-Reville, rapporteur de la commission de la France d’Outre-mer, s’est exprimé en ces termes à propos de la vie des prisonniers de guerre de Hoa-Binh " La faim, le paludisme, la dysenterie firent de terribles ravages dans les camps de détenus dont les plus sinistres incontestablement furent ceux de Hoa-Binh, aux confins du delta Tonkinois et de la Moyenne -région ; Hoa-Binh, lieu d’enfer où furent envoyés à partir du mois d’avril près de 4 000 détenus, hommes de troupes et officiers subalternes. " ( J.O. 8/06/48 page 1403)

Ancien Déporté de Hoa-Binh, Jean-J. Bernardini, historien raconte : " C’est dans ces marécages empestés que nous devions recueillir péniblement la seule eau que nous pouvions boire.

L’humus pestilentiel devait s’y enrichir des dépouilles de nos pauvres camarades. A l’heure où j’écris ces lignes, aucune croix, aucun tumulus ne marque leur misérable et hâtive sépulture.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Corps mutilés, corps déjà décharnés avant la mort, faciles proies pour l’hallucinant grouillement de bêtes immondes, absorbés par la tentaculaire et impitoyable nature, ils se sont effacés dans la forêt tonkinoise, comme leur vain sacrifice a disparu de la Mémoire des hommes... "