FLOSSENBÜRG
Situé au nord-est de Nuremberg, et à 5 km de la Tchécoslovaquie, Flossenbürg se trouve en Haute Bavière, à lorée de la forêt de Bohème, en Allemagne.
Sur décision dHimmler, après Dachau, Buchenwald, et Sachsenhausen, ce nouveau Camp de concentration est ouvert par les nazis.
Sa construction commencera à partir du 4 mai 1938, par les opposants allemands au régime nazi, qui en seront les premières victimes.
Le 1er septembre 1939, alors que les troupes allemandes envahissent la Pologne, Dachau est partiellement évacué pour servir de camp dentraînement aux unités S.S.
981 opposants allemands sont transférés de Dachau à Flossenbürg, le Camp est sans cesse agrandi par les Déportés.
Le 5 avril 1940, le premier convoi de détenus étrangers ( Tchèques et Polonais ) arriva.
Le 7 janvier 1943, arrive le premier convoi de femmes, transférées dans divers kommandos.
Plus de 16 000 femmes y seront déportées, livrées aux S.S.
Cest aussi à Flossenbürg que fut planté avant Noël 1944, au milieu de la place dappel, un magnifique sapin.
" Cest le jour de Noël, tôt le matin, nous sommes déjà là sur la place dappel, alignés dans le froid, au garde-à-vous.
Le beau et grand sapin se dresse devant nous, le balcon est garni de S.S. chaudement habillés.
Les bourreaux sanguinaires veulent se distraire par un " agréable spectacle de fêtes ".
On nous aligne de telle sorte quaucun détail ne puisse nous échapper, afin que la peur et langoisse envahissent nos âmes.
De la tour, les mitrailleuses sont braquées sur nous ; la garde S.S. est doublée.
A coté delle, le commandant du Camp, Johann Küpler, le diable en personne, annonce 6 matricules.
Des rangs sortent 6 Déportés, pas dhésitation, ni de peur dans leur démarche ; on les déshabille jusquà la taille, et on les pend un par un.
Jai appris par la suite que cétait 5 Russes et 1 Français. " ( Louis Poutrain )
Les responsables, antifascistes allemands, du complot du 20 juillet 1944 contre Hitler, furent exécutés le 9 avril 1945 dans ce Camp : lamiral Canaris, les généraux Oster et Von Rabenau, le pasteur Bonhoeffer, un juge et deux autres officiers.
Prévu à lorigine pour 1 600 détenus, réaménagé, il passe à 3 000.
A la fin 1944, le Camp est surpeuplé ne permettant plus le sommeil, plus 100 000 Déportés y sont entassés, mais entre 111 000 et 115 000 Déportés y sont passés, dont les 16 000 femmes.
Les sources les plus officielles se recoupent, en donnant le nombre minimum de 73 000 morts.
Les rares témoignages sur ce Camp, témoignent de la limmonde férocité du traitement qui y a été instauré.
Les S.S. appréciaient tout particulièrement les Déportés tatoués, parce quils utilisaient leur peau pour faire des abat-jour.
Les détenus de Flossenbürg vivaient dans 16 blocks ( baraques ) en bois ; ils couchaient à raison de 4 et même 5, sur des paillasses de 70 centimètres de large.
Le Camp possédait son four crématoire, ainsi quun lieu dexécution situé pour des " raisons pratiques " à coté de ce dernier.
Le Camp était entouré dune enceinte électrifiée, et de plusieurs miradors dont 2 existent encore.
Il ny aurait pas de chambre à gaz, la malnutrition, les mauvais traitements, les travaux surhumains suffisaient aux yeux des nazis.
La majorité des Déportés travaillaient les carrières ; les travaux colossaux dHitler et de son architecte Speer nécessitaient beaucoup de pierre.
Le Camp comprend une carrière de granit à 300 mètres, latelier de taille de pierre et une usine de construction aéronautique ( Messerschmitt ).
Un document numéroté NO-395 a été fourni lors du procès de Nuremberg contre les criminels de guerre : il sagit du décompte des facturations de la main doeuvre ( Déporté (ées) ), pour le mois de décembre 44, signé du commandant du Camp de Flossenbürg.
Sont mentionnés les noms des firmes suivantes : Messerschmitt - Auto Union - M.I.A.G. - Erla -
Zeiss Ikon - Siemens - Opta Radio A G - Elsabe - ect...
Le kommando " Richard " de Leitmeritz ( Litomerice ) utilisait la main doeuvre du Camp pour fabriquer des éléments de V1 et V2.
En 1938, Himmler avait créé une entreprise appartenant aux S.S. et dirigée par eux.
Son nom: Deutsche Erde und Stein Gesselchaft
plus connue:DEST ( Société Allemande de la Terre et de la Pierre ).
DEST était propriétaire des carrières des Camps de : Flossenbürg - Mauthausen - Gross Rosen et de Natzwiller Struthof (en France).
La main doeuvre corvéable à merci, disponible en permanence, peu nourrie, renouvelée sans cesse...
Pour soigner les Déportés, il y a le Revier : ( Infirmerie, hôpital ) ; témoignage de Léon Höbecke, ancien Déporté de Flossenbürg :
" Le plus frappant lorsquon pénétrait dans ce block était lodeur, une odeur composite, indéfinissable qui vous imprégnait.
Il y a des rangées de phlegmons (inflammations des tissus), de gangrènes qui révélaient des exhalations de pourriture, des galeux, des chiasseux, des phtisiques (tuberculeux pulmonaires), qui sentaient déjà la chair en décomposition... "
Le Revier était redoutable car le médecin S.S.pratiquait des opérations " pour se faire la main " .
Etre malade, comme dans tous les Camps devenait un drame.
Au Bunker, le nombre dexécutions par balle ou par pendaison entre avril 1944 et avril 1945 atteint parfois 90 par jour.
Le 13 avril 1945, 3 jeunes femmes françaises, accusées du sabotage dune presse, au kommando dHolleischen, sont pendues.
Dans le camp, en 1945, le nombre de décès atteint 100 par jour, avec même des journées frôlant les 250, selon les médecins français du Camps.
Les corps finissaient au crématoire qui narrivait pas à les brûler tous ; il fallut creuser une tranchée près du four, entasser les cadavres, arroser dessence et y mettre le feu.
" Aucun prisonnier ne peut tomber vivant aux mains de lennemi ! " Ordre dHimmler.
Le 20 avril 45, Max Koegel, commandant du Camp de Flossenbürg à cette date, mettait sur les routes du sud, 4 colonnes regroupant un peu moins de 15 000 Déportés, encadrés par des S.S.
Un long, trop long voyage à pieds dans des souffrances atroces, Cest la MARCHE DE LA MORT.
Le 23 avril 45, les Américains libèrent le Camp, ils ny trouvent quenviron 1 600 Déportés malades, affaiblis pour la plupart par le typhus.
Chaque jour, dira un officier américain, entre 50 et 75 Déportés mourraient.
Quelques jours plus tard, les 4 colonnes de Déportés sont retrouvées par les Alliés : plus de 6 000 morts.
Authentifié par Marcel LHERBETTE , de LEHON (22 )
Déporté à FLOSSENBÜRG, N° Matricule 86 482